@Le Colombier-Théâtre de Magnanville

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 Portraits 

Didier Ruiz

La compagnie des hommes

Le nom donné à une compagnie théâtrale dit beaucoup de celui ou celle qui la dirige. Ainsi en est-il de La Compagnie des Hommes créée voici 20 ans par Didier Ruiz que l’on dit depuis «expert en êtres humains». Car c’est bien l’humain qui est au cœur du travail de l’artiste.

Comédien venu à la mise en scène, il monte des textes théâtraux comme Bérénice, ou épistolaires tel L’amour en toutes lettres, questions sur la sexualité à l’Abbé Violet, ou de tradition orale : La guerre n’a pas de visage de femme, fragments d’après le recueil poignant de Svetlana Alexievitch qui réunit des témoignages de femmes engagées dans l’Armée Rouge.

Didiez Ruiz s’intéresse aussi à ce qui deviendra sa marque de fabrique : la thématique de la trace, du souvenir et de la collection qu’il développe à travers de nombreux projets pour de nombreuses tournées tant en France qu’à l’étranger. Ainsi naissent Dale Recuerdos, spectacle sur la mémoire, collection de portraits d’hommes et de femmes de plus de 70 ans ; Une longue peine, collecte de paroles de détenus lourdement condamnés ; Le grand bazar du savoir où il interroge des hommes et des femmes et raconte l’histoire de leur passion ; Trans (més enllà) qui libère la parole sur le genre ; Comme possible où il donne la parole à des adolescents.
Le Colombier propose un spectacle jouissif. Les Apéros Polars conçus sur le modèle des feuilletons radiophoniques d’autrefois, d’après les romans policiers Le Poulpe.

 
 

Stuffed Puppet Theater

Neville Tranter

Virtuose, tel est le qualificatif qui vient à l’esprit quand on prononce le nom de Neville Tranter, marionnettiste, australien de naissance, néerlandais d’adoption. «Aux âmes bien nées, la valeur n’attend point le nombre des années» et c’est en 1982 qu’il fait une entrée fracassante en France au Festival de Charleville-Mézières avec son spectacle Studies in Fantasy.
Son style très personnel est remarqué et ne cessera d’éblouir.

Vampyr en 2006 ; Cuniculus, fable sur la cruauté des lapins ; Schicklgruber alias Adolf Hitler sur les derniers instants du Troisième Reich en feront ainsi le maître incontesté de l’art de la marionnette. Dextérité exceptionnelle, dédoublement de personnalité par marionnettes interposées, Neville Tranter est un manipulateur hors pair qui puise inlassablement dans les ressorts traditionnels du théâtre, passant du loufoque au tragique avec une ironie décapante. Accompagné de ses marionnettes à taille humaine dans un décor au plateau épuré, où la partie musicale et sonore est toujours mise en valeur, il interroge les travers, les peurs et les aspirations de l’humanité.

Les deux spectacles accueillis au Colombier, Mathilde et Babylon, le premier traitant de la vieillesse et de la dépendance et le second créé en 2017 évoquant des réfugiés qui attendent le dernier bateau à destination de la terre promise sont aussi poétiques que politiques. Un grand artiste à voir absolument.

Musicienne

Mami Chan

Okonomiyaki, ce plat typiquement japonais, mi-pizza mi-omelette est composé d’éléments variables selon l’inspiration du chef du moment. C’est aussi le titre d’un étrange concert de musique classique de Mami Chan et Pascal Moreau, et ce titre qualifie peut-être le mieux l’essence du travail de cette artiste japonaise qui a su s’évader du monde des concertistes classiques. Ses ingrédients à elle sont le toypiano, la flûte, le tambourin, les petites cloches pour des spectacles musicaux oniriques et mystérieux inspirés de son pays natal. Emigrée en France, l’ange japonais de la pop expérimentale compose tout d’abord aussi bien des mélodies néo-classiques que de la musique pop rock. Passionnée de mélodies enfantines et naïves de la culture pop décalée auxquelles sa voix sucrée et haut perchée donne toute leur saveur, elle crée des spectacles pour tout-petits.

Bruitages, percussions, comptines et berceuses, Mami Chan accueille avec Ponpoko parents et enfants dans son monde onirique et mystérieux en fouillant dans sa boîte à jouets. Elle invite à un moment de tranquille curiosité. Avec Bonjour la neige, elle accompagne de compositions délicates trois courts-métrages sur des paysages de neige. Elle redevient alors cette enfant d’un pays lointain qui dans les bras de sa mère se laisse bercer par la musique de Schubert et le public rêve sur des comptines japonaises.

 
 

Justine Macadou et Coralie Maniez

Cie Juscomama

«Le corps prend le relais de tout ce qui s’absente. En se délivrant des mots, l’expression devient presque plus forte.» Ainsi parlent de leur travail Justine Macadoux et Coralie Maniez de la Compagnie Juscomama. Justine Macadoux s’est formée en sculpture à l’Ecole des arts appliqués Olivier de Serres à Paris, puis a suivi la formation de l’Ecole Supérieure Nationale de la Marionnette à Charleville-Mézières. Coralie Maniez a obtenu un master cinéma à Paris 3. Elle est peintre sculpteur aux ateliers décors de la MC93.

Toutes deux attirées par les arts plastiques : peinture, dessin, sculpture, initiées au masque, au clown, à la marionnette, elles ont créé en 2015 une forme de théâtre d’objet qu’elles qualifient d’expérience particulière. C’est à un concept de jeu masqué qu’elles nous invitent. Leur tête enfermée dans un cube en bois, coupées du monde, elles nous livrent à l’aide de dessins faits à l’aveugle, à la craie sur le masque un récit initiatique sans paroles et dévoilent sentiments et émotions.

Mime, arts plastiques, univers sonore se conjuguent pour dire la quête de soi dans les deux spectacles présentés au Colombier : Les Petites géométries et Les Géométries du dialogue.

«Il suffit parfois d’un grand trait rouge dessiné en travers du masque pour que les enfants comprennent que l’on exprime la colère. Pour parvenir à cette simplicité, que de travail d’équipe, d’écoute profonde et d’inventivité.»