PORTRAITS

Olivier Meyrou & Matias Pilet

« Pendant le tournage de mon documentaire Parade, j’ai assisté à une métamorphose et à la naissance d’un artiste », affirme Olivier Meyrou, cinéaste et metteur en scène. Ce documentaire de 2013 qui suit 11 ans durant Fabrice Champion, trapéziste des Arts Sauts devenu tétraplégique à la suite d’une chute, scelle en effet sa rencontre avec Matias Pilet, sorti en 2008 de l’École Nationale des Arts du Cirque de Rosny.
Tandis que le premier doit renoncer à sa passion, le second auquel Fabrice Champion donne des cours devient une étoile naissante du cirque et ensemble ils inventent la tetra danse.
Sept ans avant, Olivier Meyrou, qui a suivi les cours de la Femis, et étudié aussi à New York dans le cadre de la villa Médicis hors les murs, a reçu le Teddy Award à la Berlinale (festival du film de Berlin) pour son poignant documentaire Au-delà de la haine. Son film Célébration sur Yves Saint-Laurent tourné en 2006, longtemps interdit de diffusion par Pierre Bergé est sorti en 2018.
Entre 2013 et 2018, Matias Pilet a continué à réfléchir à sa façon de danser l’acrobatie, à la fusion des corps différents, a étudié la danse gaga, puis a retrouvé Olivier Meyrou pour un solo intitulé Tu, une plongée dans la vie prénatale. Hektor le personnage de La Fuite, spectacle présenté au Colombier, est né lors d’une résidence à Lisbonne et c’est lui, sac sur le dos, réfugié d’hier ou d’aujourd’hui qu’incarne Matias Pillet mis en scène par Olivier Meyrou. Une figure de clown, mime, danseur, acrobate qui fit les grandes heures du cinéma muet.

Mylène Benoît

Compagnie Contour progressif

Choral. Ainsi pourrait-on en un mot définir le travail de Mylène Benoît, plasticienne et chorégraphe. Depuis la naissance de sa compagnie Contour Progressif en 2004, sa démarche de création est fondée sur une écriture qui mêle la danse, le chant, la matière sonore, la vibration lumineuse, les éléments optiques et textuels.
Sa démarche artistique et politique, projet collaboratif et protéiforme permet à la compagnie d’engager des actions sur les territoires (stages, conférences, compagnonnage avec les lycées, mutualisation des outils de création).
Sa formation artistique et universitaire (Beaux-arts et pratique des médias contemporains) la convainc que les arts scéniques et plastiques nous permettent de mieux appréhender le système médiatique et la société contemporaine. De nombreuses fois artiste associée des théâtres : le Théâtre des 13 Vents CDN de Montpellier, le Théâtre du Beauvaisis Scène Nationale de Beauvais, la Scène Nationale du Mans entre autres lieux, elle a pu déployer ce projet choral et créer plus d’une dizaine d’oeuvres.
Elle présente au Colombier Diotime et les lions d’après le magnifique roman d’Henry Bauchau : expérience initiatique d’une petite fille que berce la sagesse de l’Orient, et Cold Song, performance plastique et chorégraphique, fruit d’un travail exploratoire sur la phosphorescence.

Emmanuel Vérité & Benoît Lambert



« Je n’étais pas très doué, j’ai surtout eu la chance de rencontrer de bons professeurs » affirme le comédien Emmanuel Vérité. Fausse humilité ? Non sincérité, car Emmanuel est soucieux de justesse, même si à le voir jouer on a du mal à croire ses propos. Vérité, quel beau nom, c’est celui qu’il porte de théâtre en théâtre depuis 45 ans. À cinq ans, il suit déjà des cours de théâtre à l’école, puis adolescent, il fréquente le Conservatoire de Saint-Germain-en-Laye et suit les cours d’Hélène Vallier dont l’aura le fascine. Là, il fait une première rencontre essentielle, celle de Benoît Lambert, actuel directeur du Théâtre Dijon-Bourgogne.
Autre rencontre décisive, celle en 1991 de Pierre Debauche, professeur exigeant, dont il suit les cours. Benoît Lambert l’y rejoint en 1993 et suit les cours de mise en scène. On a découvert, grâce à lui, un théâtre politique et poétique, son utilité et son urgence » dit Emmanuel Vérité. C’est en 1993, que Benoît et Emmanuel créent leur compagnie le Théâtre de la Tentative. Deux ans après, ils montent Les Fourberies de Scapin de Molière. « Un spectacle marxiste créé dans la banlieue huppée de Maisons-Laffitte » s’amuse Emmanuel.
Puis de Scapin à Lorenzaccio, de Tartuffe à Alceste, le Théâtre de la Tentative va dynamiser le répertoire, vivifier les messages politiques. Au répertoire, s’ajoutent de nombreux spectacles contemporains. Naissent aussi de l’intelligence des deux comparses les deux spectacles accueillis à Magnanville : Meeting Charlie ou l’art du bricolage et Tout Dostoïevski. « J’ai mis quatre ans à maîtriser le personnage de Charles Courtois-Pasteur, héros des deux spectacles » dit le comédien. Il en faut du travail pour jouer ce poète rêveur à l’univers décalé : allers-retours entre l’écriture et le jeu, conseils de la clown Proserpine. Mais pour l’incarner pleinement, n’en déplaise à son humilité, il faut du talent.

Didier Ruiz

La Compagnie des Hommes

Le nom donné à une compagnie théâtrale dit beaucoup de celui ou celle qui la dirige. Ainsi en est-il de La Compagnie des Hommes créée voici 20 ans par Didier Ruiz que l’on dit depuis «expert en êtres humains». Car c’est bien l’humain qui est au cœur du travail de l’artiste.
Comédien venu à la mise en scène, il monte des textes théâtraux comme Bérénice, ou épistolaires tel L’amour en toutes lettres, questions sur la sexualité à l’Abbé Violet, ou de tradition orale : La guerre n’a pas de visage de femme, fragments d’après le recueil poignant de Svetlana Alexievitch qui réunit des témoignages de femmes engagées dans l’Armée Rouge.
Didiez Ruiz s’intéresse aussi à ce qui deviendra sa marque de fabrique : la thématique de la trace, du souvenir et de la collection qu’il développe à travers de nombreux projets pour de nombreuses tournées tant en France qu’à l’étranger. Ainsi naissent Dale Recuerdos, spectacle sur la mémoire, collection de portraits d’hommes et de femmes de plus de 70 ans ; Une longue peine, collecte de paroles de détenus lourdement condamnés ; Le grand bazar du savoir où il interroge des hommes et des femmes et raconte l’histoire de leur passion ; Trans (més enllà) qui libère la parole sur le genre ; Comme possible où il donne la parole à des adolescents.
Le Colombier propose un spectacle jouissif. Les Apéros Polars conçus sur le modèle des feuilletons radiophoniques d’autrefois, d’après les romans policiers Le Poulpe.

@Le Colombier-Théâtre de Magnanville

Rue de la Ferme - 78 200 MAGNANVILLE

Licences :1-L-R-20-004971 / 2-L-R-20-009962 / 3-L-R-20-009961

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